vendredi 20 janvier 2023

21 janvier 2023: Journée de Souvenir et de supplication pour le Salut de la France et de son peuple

"Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’Histoire par les Rois. 
Mais on tue son représentant historique, 
il n’y a plus de roi. 
Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu 
relégué dans le ciel des principes".
L’homme révolté, La Pléiade, p. 528
Albert Camus 

Comme chaque année, le 21 du mois de janvier (selon le calendrier civil), notre Fraternité monastique, célèbrera dans la prière et la supplication pour la France et son peuple, la mémoire de l'inique exécution du roi Louis-Auguste de France, appelé  Louis XVI; des membres martyrs de sa famille: Son épouse, ses enfants, sa sœur ainsi que de plus de 200.000 de nos compatriotes: victimes innocentes broyées sans aucune pitié par la révolution française: Hommes, femmes, vieillards, enfants et nourrissons. 

Spirituellement, culturellement, et dans son inconscient le plus profond, notre pays ne s'est jamais remit de ce régicide et des épouvantables fleuves de sang qui ne pouvaient que mécaniquement suivre. Dans l'univers de Satan, le sang appelle le sang, la haine, la haine, la déliquescence, la déliquescence.

Si notre peuple ne se souvient pas; s'il n'est pas capable de grandir en se mettant à genoux afin de demander pardon à Dieu et aux victimes , pour tant crimes, de massacres et de profanations abominables, jamais il ne pourra se reconstruire sur des bases stables;  jamais il ne sera capable de s'unir dans les adversités et dans les épreuves communes. 

Deux principes essentiels de cette reconstruction sont l'honnête reconnaissance des fautes passées et le retour à une conduite de vie intègre, en suivant le saint Évangile de vie... 

Une société à bout de souffle comme la nôtre qui s'accroche à des mirages ne marche pas sur les sentiers de la Vie. Dans le désert qu'elle s'est volontairement choisie, elle choisit la mort à petit feu.

Un pays ne peut s'édifier sur des marres de sang, sur des persécutions abjectes justifiées par un orgueil insensé, sur la sur la haine de Dieu et de Sa Loi Sainte, sur le mépris de ses racines chrétiennes, sur la profanation des choses saintes, sur le cri de détresse des innocents, des pauvres et des sans défenses. 

Songeons que l'Évangile du Christ est présent depuis le IIème siècle sur notre sol avec saint Irénée et les premiers martyrs de Lyon. Dix neuf siècles de Foi chrétienne en France...Notre peuple est devenu chrétien avec le Baptême de Clovis par Saint Rémi au 5ème siècle. Il y a plus de 1500 ans de Foi chrétienne en France. Nous sommes porteurs, par nos Pères de cette Foi, nous sommes un maillon de cette chaîne presque bimillénaire. Notre société peut-elle sans dégâts, éjecter avec un misérable mépris, l'héritage spirituel, culturel et psychologique de plus de 15 siècles?...

Deux cent trente quatre ans après la proclamation de principes philanthropiques humains aussi flamboyants dans le style, que creux dans les effets concrets, la France est-elle en meilleure santé humaine et spirituelle?...Les gens sont-ils plus heureux ?... Ont-ils la sensation que la "Liberté, l'Egalité et la Fraternité" existent en vérité, dans les faits?...Les privilèges tant décriés ont-ils vraiment cessé?  Le petit et le puissant sont-ils traités de la même manière; ont-ils les même droits devant la justice humaine?...  Alors que la "Fraternité" est "chantée" sur tous les tons, ne sommes-nous pas une société de coteries profondément individualiste où l'avare et l'envieux se haïssent mutuellement? 

La seule voie possible pour sortir de cette impasse mortifère est donc la prise de conscience profonde de ce que nous sommes devenus comme pays et comme société et le REPENTIR de tout notre Peuple devant Dieu:

"Vois, je mets aujourd'hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te prescris aujourd'hui d'aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d'observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies, et que le Seigneur ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. Mais si ton cœur se détourne, si tu n'obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd'hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre: j'ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer le Seigneur ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t'attacher à Lui: car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c'est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que le Seigneur a juré de donner à tes pères" (Deutéronome 30:15-20)


Claude Quetel, Historien résume tout en 1mn 47...


Louis XVI, un roi bien loin des caricatures véhiculées par les manuels scolaires


Louis-Auguste, Roi de France, donna incontestablement un exemple de vie et de mort profondément chrétien. Sa mort acceptée avec une résignation vraiment surnaturelle et exempt de tout ressentiment contre ceux qui se firent ses ennemis en sont une preuve évidente. Sa dignité, sa profonde bonté et droiture de conduite demeurent encore aujourd'hui bien vivant pour ceux qui connaissent l'Histoire et se souviennent.

Contrairement aux descriptions mensongères et aux caricatures véhiculées dans les écoles, collèges et lycées du régime républicain, Louis XVI très préoccupé du "bonheur de Ses Peuples" se montra sur bien des sujets, à l'avant garde des questions sociales et politiques de son époque: accession des femmes aux maîtrises, vote des femmes dans le cadre de l'élection des députés de l'Assemblée des États Généraux, protection des femmes mariées et des mineurs, créations d’institution pour l’éducation des plus pauvres, des malades multiples; implication personnelle pour soulager la grande pauvreté, à travers des dons extrêmement important tirés de sa cassette personnelle, etc…

Les manuels de propagande décrivent Louis XVI comme un roi faible de tempérament. La noblesse de son attitude face à la mort et à ses bourreaux prouvent exactement le contraire. Louis XVI était très imprégné des idées de Fénelon: Le Roi se devait d'être Bon et à l'écoute de son peuple et ne s'impose pas par la violence. Cette disposition d'âme servira la tactique des révolutionnaires qui n'usait que de violences pour faire avancer leur cause.


Le grand Courage et sang-froid de notre souverain devant la mort, 
reconnu même par ses pires ennemis

Louis le seizième affronta la mort avec une grandeur et une dignité devant lesquelles s'inclinèrent même ses adversaires les plus enragés.

La veille de son exécution, le 20 janvier 1793, la sentence de mort lui fut annoncée. Le journaliste Jacques-René Hébert qui haïssait le roi, et qui assista à la lecture de la condamnation dût reconnaître dans les colonnes de son journal abject, qu'à l'écoute de la sentence, Louis XVI  "écouta avec un sang-froid rare la lecture du jugement. Il eut tant d’onction, de dignité, de noblesse, de grandeur dans son maintien et ses paroles, que je ne pus y tenir. ». 

Républicain fanatisé et sanguinaire, Hébert était en effet le fondateur et journaliste de l'infâme journal: "Le Père Duchesne" dont l'ex-conventionnel Plaganel disait qu' "au seul nom du Père Duchesne, les deux tiers de la France étaient glacés de terreur". En effet, dans ses colonnes, Hébert ne cessait de réclamer de plus en plus de têtes de civils, de plus en plus de sang, de plus en plus de terreur révolutionnaire.

Une citation de ce sinistre individu permettra de mesurer sa haine et son mépris pour la vie humaine. Ses lignes furent écrites le lendemain de l'indigne exécution de la "Veuve Capet" ou "Veuve véto", la Reine Marie-Antoinette accusée de manière diffamatoire d’inceste et jugée sommairement au cours d'une comédie de procès révolutionnaire : « La plus grande joie du Père Duchesne après avoir vu de ses propres yeux la tête du Veto femelle [NDLR: la reine Marie-Antoinette] séparée de son col de grue et sa grande colère contre les deux avocats du diable qui ont osé plaider la cause de cette guenon. » Jacques Hébert , Le Père Duchesne, n° 299, titre du journal le 17 octobre 1793


Dans son testament, Louis XVI écrivait ces lignes admirables:

Au nom de la très Sainte Trinité du Père du fils et du St Esprit. (...)
Je laisse mon âme a Dieu mon Créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde  (...)

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense a personne) ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait

JE PRIE tous ceux qui ont de la Charité d’unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

JE PARDONNE DE TOUT MON COEUR, a ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donne aucun sujet et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle, ou par un zèle mal entendu m’ont faits beaucoup de mal. (…) 

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sure que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement a mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants a leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma Sœur comme une seconde mère.

Je recommande a mon fils s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’ IL DOIT OUBLIER TOUTE HAINE ET TOUT RESSENTIMENT , et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve. Qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile. (...) 

JE PARDONNE TRÈS VOLONTIERS  à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gènes dont ils ont cru devoir user envers moi. j’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles la jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser. (...)

Je finis en déclarant devant Dieu et prêt a paraitre devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi. 

Fait double a la tour du Temple le 25 Décembre 1792.
Louis

Fin du Testament manuscrit de Louis XVI

***
La veille de son exécution, les adieux de Louis XVI à sa famille


Le 20 janvier, le ministre de la Justice Garat vint signifier au Roi le décret qui le condamnait à mort. 

Le secrétaire du Conseil exécutif Grouvelle, chevrotant, lut la sentence. Le Roi l’écouta sans un mot. Il remit à Garat une lettre demandant un délai de trois jours pour se préparer à la mort, l’autorisation de revoir sa famille et d’appeler auprès de lui un prêtre de son choix. Pour ce ministère, il désignait l’abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont. 

Abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont

La Convention rejeta le délai, mais accorda les autres demandes. 

Garat fit donc prévenir l’abbé Edgeworth et le ramena lui-même au Temple dans sa voiture. 

Le 20 janvier à six heures du soir, le confesseur entra chez le Roi. Tous les assistants s’étant écartés, ils restèrent seuls. Louis XVI parla un moment avec l’abbé et lui lut son testament. Puis il le pria de passer dans le cabinet voisin pour lui permettre de recevoir sa famille.

La porte s’ouvrit et la Reine entra, tenant son fils par la main ; derrière venaient Madame Elisabeth et Madame Royale. Tous pleuraient. Ils ne savaient rien de précis encore, mais  ils craignaient le pire. 

Le Roi s’assit, entouré de son épouse et de sa sœur. Sa fille était en face de lui et il tenait l’enfant entre ses genoux. Avec de tendres ménagements, à voix basse, il les avertit. Par la porte vitrée, Cléry les vit s’étreindre en sanglotant.

Tenant ses mains dans les siennes, Louis XVI fit jurer à son fils de ne jamais songer à venger sa mort. Il le bénit et bénit sa fille. Par instants, il gardait le silence et mêlait ses larmes aux leurs. Cette scène poignante se prolongea plus d’une heure et demie… A la fin, quel que soit son courage, il n’en put plus. 

Il se leva et conduisit sa famille vers la porte. Comme ils voulaient rester encore et s’attachaient à lui en gémissant, il dit :

- Je vous assure que je vous verrai demain matin à huit heures.
- Vous nous le promettez ? supplièrent-ils ensemble.
- Oui, je vous le promets.
- Pourquoi pas à sept heures ? dit la Reine.
- Eh bien oui, à sept heures… Adieu.

Malgré lui, cet adieu rendit un son tel que les malheureux ne purent étouffer leurs cris. Madame Royale tomba évanouie aux pieds de son père. Cléry et Madame Elisabeth la relevèrent.

Le Roi les embrassa tous encore, et doucement les poussa hors de sa chambre.
- Adieu, adieu, répétait-il, avec un geste navrant de la main.

Il rejoignit l’abbé Edgeworth dans le petit cabinet pratiqué dans la tourelle.


Sa fermeté revenue, il s’entretint avec le prêtre. 

Jusqu’à minuit et demi, le Roi demeura avec son confesseur. Puis il se coucha.

Et il s’endormit d’un profond sommeil.


Le 21 janvier 1793 : la mort du Roi

« Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Certes, c’est un répugnant scandale »
L’homme révolté, La Pléiade, p. 528
Albert Camus (1913-1960)

A cinq heures, le roi se réveille 

Cléry, le serviteur de Louis XVI habille et coiffe son maître devant plusieurs municipaux qui, sans respect, sont entrés dans la chambre.

Puis il transporte une commode au milieu de la pièce pour servir d’autel.

Revêtu de la chasuble, l’abbé commence la messe, que sert Cléry.

Le Roi l’entend à genoux et reçoit la communion, il remercie ensuite le valet de chambre de ses soins et lui recommande son fils :

- Vous lui remettrez ce cachet, vous donnerez cet anneau à la Reine, dites-lui que je le quitte avec peine… Ce petit paquet contient des cheveux de toute ma famille, vous le lui remettrez aussi. Dites à la Reine, à mes chers enfants, à ma soeur, que je leur avais promis de les voir ce matin, mais que j’ai voulu leur épargner la douleur d’une séparation nouvelle…

Essuyant ses larmes, il murmure alors :
- Je vous charge de leur faire mes adieux.

A huit heures Santerre arrive au Temple avec des commissaires de la Commune et des gendarmes. Nul ne se découvre.

- Vous venez me chercher ? interroge le roi.
- Oui.
- Je vous demande une minute.
Il rentre dans son cabinet, s’y munit de son testament et le tend à un municipal qui se trouve être le prêtre défroqué Jacques Roux :

- Je vous prie de remettre ce papier à la Reine… Il se reprend, et dit : « à ma femme. »

- Cela ne me regarde point, répond Roux. Je ne suis pas ici pour faire vos commissions, mais pour vous conduire à l’échafaud.

- C’est juste, dit Louis XVI.

Un autre commissaire s’empare du testament qu’il remettra non à la Reine, mais à la Commune.

Louis XVI est vêtu d’un habit brun, avec gilet blanc, culotte grise, bas de soie blancs. 

Le Roi monte dans sa voiture, un coupé vert, suivi de l’abbé Edgeworth de Firmont. 

Un lieutenant de gendarmerie et un maréchal des logis s’assoient en face d’eux sur la banquette de devant. Précédés de grenadiers en colonnes denses, de pièces d’artillerie, d’une centaine de tambours, les chevaux partent au pas…

Dans la voiture aux vitres embuées, Louis XVI la tête baissée, lit sur le bréviaire du prêtre les prières des agonisants.

Vers dix heures, la voiture débouche enfin de la rue Royale sur la place de la Révolution. 

La place entière est garnie de troupes. Les spectateurs ont été refoulés très loin. 

Tout de suite, sur un ordre de Santerre, l’éclat assourdissant des tambours l’étouffe…

Il est des hommes dont la mort révèle la véritable grandeur ! Louis XVI fut de ces caractères apparemment médiocres que les injustes catastrophes épurent et grandissent. 

Son règne est calomnieusement présenté comme n’ayant aucun éclat ni génie, mais nul ne peut nier que sa fin est auréolée de grandeur et de majesté.

L’exécuteur Sanson et deux de ses aides, venus à la voiture, ouvrent la portière ; Louis XVI ne descend pas tout de suite ; il achève sa prière.

Au bas de l’échafaud, les bourreaux veulent le dévêtir. 

Il les écarte assez rudement, ôte lui-même son habit et défait son col. Puis il s’agenouille aux pieds du prêtre et reçoit sa bénédiction.

Les aides l’entourent et lui prennent les mains.
- Que voulez-vous ? dit-il.
- Vous lier.
- Me lier, non, je n’y consentirai jamais !

Indigné par l’affront, son visage est soudain devenu très rouge. Les bourreaux semblent décidés à user de la force. 

Il regarde son confesseur comme pour lui demander conseil. L’abbé Edgeworth murmure :

- Faites ce sacrifice, Sire ; ce nouvel outrage est un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense.

- Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu’à la lie.

On lui attache donc les poignets derrière le dos avec un mouchoir, on lui coupe les cheveux. Puis il monte le roide degré de l’échafaud, appuyé lourdement sur le bras du prêtre. 

A la dernière marche il se redresse et, marchant d’un pas rapide, il va jusqu’à l’extrémité de la plate-forme. 

Là, face aux Tuileries, témoins de ses dernières grandeurs et de sa chute, faisant un signe impérieux aux tambours qui, surpris, cessent de battre, il crie d’une voix tonnante :

- Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France ! Et vous, peuple infortuné…

A cheval, Beaufranchet, adjudant général de Santerre, se précipite vers les tambours, leur jette un ordre. Un roulement brutal interrompt le Roi. Il frappe du pied l’échafaud :

- Silence, faites silence !

On ne l’entend plus. Les bourreaux se saisissent de lui, le lient à la planche…

Le couperet tombe. L’un des aides de Sanson prend la tête du Souverain et, la tenant par les cheveux, la montre aux assistants.

Des fédérés, des furieux escaladent l’échafaud et trempent leurs piques, leurs sabres, leurs mouchoirs, leurs mains dans le sang. Ils crient : « Vive la nation! Vive la République! »

Quelques voix leur répondent. Mais le vrai peuple reste muet, pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas présent : la grande majorité des parisiens est terrée chez eux, la place n’est occupée que par les soldats de la révolution et, derrière eux, par quelques groupes d’enragés.


Source: http://leblogdumesnil.unblog.fr/2009/01/16/162-les-dernieres-heures-de-sa-majeste-le-roy-louis-xvi/


Avec Louis le seizième, nous faisons également mémoire des autres victimes:


Mémoire de la reine Marie-Antoinette qui se révéla être un être d'une incroyable grandeur d'âme durant sa captivité à la prison du Temple, durant un procès inique et particulièrement au moment de sa mort. 

Des études historiques récentes et de plus en plus nombreuses montrent qu'elle dû supporter des accusations aussi mensongères qu'ignobles, encore colportés aujourd'hui dans les manuels scolaires des écoles de la république. 

Ce que tous historiens objectifs reconnaissent aujourd'hui comme des diffamations ne sont pas nouveaux, ils avaient été inventés et  colportés dans les tabloïds de l'époque. La révolution, on l'ignore trop souvent, s'est aussi faite avec les médias de l'époque et leur propagande: Ils n'ont guère changé en 230 ans 

Au cours de sa parodie de procès, la reine se défend vigoureusement et avec beaucoup de dignité. A aucun moment le président ne parvient à la prendre en flagrant délit de mensonge ou à la mettre en contradiction avec elle-même 

Aucun des témoins qui se présentera n'apportera des éléments décisifs. Les témoignages sont fondés sur des racontars ou des affabulations.

La dignité et la hauteur de vue de la reine lui vaudront l'admiration générale. 

L'ignoble diffamation du révolutionnaire Hébert

Il y a plusieurs instants d'émotion.

Le plus célèbre se situe après l'ignoble déposition de Jacques-René Hébert.  

Ce dernier a osé soutenir devant le tribunal que "ces deux femmes (Marie-Antoinette et sa belle-sœur Élisabeth de France) faisaient coucher (Louis-Charles) (Louis XVII) entre elles deux ; que là, il se commettait des traits de la débauche la plus effrénée. Qu'il n'y avait pas même à douter, parce qu'a dit le fils Capet, qu'il n'y ait eu un acte incestueux entre la mère et le fils"

Le président Herman est visiblement embarrassé, fait dévier les débats sur "l'affaire de l'Œillet"

Mais après quelques questions, un juré revient sur les propos d'Hébert.

Herman demande alors à Marie-Antoinette de s'expliquer.

D'un air satisfait, à haute et intelligible voix, l'infâme Hébert répète la monstrueuse diffamation à laquelle il juge bon de donner une explication: "il y a lieu de croire, déclare-t-il, que cette criminelle jouissance n'était point dictée par le plaisir, mais bien par l'espoir politique d'énerver le physique de cet enfant, que l'on se plaisait encore à croire destiné à occuper un trône, et sur le moral duquel on voulait, dès lors, s'assurer de régner"

La Reine est restée impassible. Alors, l'un des jurés exige une explication de l'accusée, sur ce point précis. 

A la fois très émue et profondément indignée, cette fois, Marie-Antoinette se lève et répond à haute voix:

"Si je n'ai pas répondu, c'est que la nature se refuse à répondre à une pareille inculpation faite à une mère..."

L'exclamation indignée de la reine reste dans toutes les mémoires :

"... J'EN APPELLE A TOUTES LES MÈRES !  J'EN APPELLE A TOUTES CELLES QUI PEUVENT SE TROUVER ICI ! " 

Les femmes du peuple, qui pourtant haïssent l'ancienne souveraine, qu'on leur à dépeinte, depuis des années, sous les traits les plus noirs, sont soudain prises de compassion pour la mère honteusement calomniée. 

En lançant cette diffamation ignoble contre Marie-Antoinette, c'est comme si on avait voulu les atteindre toutes. 

La salle devient houleuse et Elle suscita dans l'assemblée un mouvement d'admiration qui fit suspendre les débats.






Les derniers mots écrit de la main de Marie-Antoinette dans sa prison,  une prière et le dernier adieu d'une mère ses chers enfants:

"Mon Dieu ! Ayez pitié de moi !
Mes yeux n'ont plus de larmes pour pleurer mes pauvres enfants;
Adieu, adieu, adieu!"

Marie-Antoinette

Portrait de Marie-Antoinette à la conciergerie

***
Mémoire du Dauphine Louis-Charles de France, 
Louis XVII décédé à l'âge de 10 ans  
des sévices qui lui ont été infligé à la prison du Temple:


Louis XVII est le nom donné à Louis Charles de France (27 mars 1785 - 8 juin 1795), second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, duc de Normandie puis dauphin de France. 

Suivant l'ordre dynastique, il est reconnu comme Roi de France à la mort de Louis XVI de 1793 à sa mort à la Prison du Temple à l'age de 10 ans en 1795, par toutes les puissances étrangères et par son oncle, futur Louis XVIII.

Le futur Louis XVII est né au château de Versailles en 1785. Comme deuxième fils de Louis XVI, il n'est donc pas destiné à la naissance à prendre la succession de son père mais la mort de fièvre lente de son frère aîné Louis de France âgé de 8 ans le 4 juin 1789 en fait le dauphin de France, puis « prince royal » à partir de 1790.

Il passe sa première enfance à Versailles, avec sa nourrice Agathe de Rambaud

Après la journée du 10 août 1792, Louis-Charles est emprisonné avec ses parents à la Prison du Temple. Très précoce pour son âge, il comprend la difficile situation de sa famille.

Confié à la garde de son père, celui-ci poursuit son éducation avant d'en être séparé, le matin du 21 janvier 1793.

En vertu du principe selon lequel la continuité dynastique est automatique en France (le Dauphin succède au roi précédent dès l'instant de la mort de ce dernier), Louis-Charles succède à son père, guillotiné le 21 janvier 1793.

Le 1er juillet  1793, par arrêté du "Comité de salut public", Louis Charles seulement âgé de 8 ans et enfermé avec sa famille dans la prison du Temple,  est par force, violement arraché des bras de sa mère.

La scène de la séparation de Marie-Antoinette et son fils, est racontée par la sœur du petit Louis XVII,   Marie-Thérèse de France, témoin directe de la scène avec sa tante Madame Elisabeth, sœur du Roi.

" Ce 3 de juillet, à 10 heures du soir, on nous lut un décret de la convention qui portait que mon frère serait séparé de ma mère et mis dans l'appartement le plus sûr de la tour.

A peine mon frère l'eut entendu qu'il jeta des hauts cris et se jeta dans les bras de ma mère, demandant de n'en être pas séparée.

Ma mère fut saisie aussi de ce cruel ordre et ne voulut pas donner mon frère, et défendit le lit où il était (couché), contre les municipaux.

Ceux-ci voulaient l'avoir, menaçait d'employer la violence et de faire monter la garde pour l'emmener de force.

Une heure se passa en pourparlers, en injures et en menace des municipaux, en défense et en pleurs de nous tous. Enfin ma mère consentit à rendre son fils ; nous le levâmes, et après qu'il fut habillé, ma mère le remit dans les mains des municipaux en le baignant de ses pleurs, comme si elle eût prévu dans l'avenir qu'elle ne le reverrait plus.

Ce pauvre petit nous embrassa tous bien tendrement, et il sortit en pleurs avec ses gens.

Ma mère chargea les municipaux qui s'en allaient de demander instamment au conseil général de voir son fils, ne fussent qu'aux repas ; ils s'en chargèrent.

Ma mère se croyait au comble du malheur par la séparation de son fils ; elle le croyait cependant entre les mains d'un homme instruit et honnête ; sa désolation augmenta quand elle sut que c'était Simon, cordonnier, qu'elle avait connu municipal, qui était chargé de la personne de son malheureux enfant.

Ma mère redemanda plusieurs fois de le voir sans pouvoir l'obtenir ; mon frère, de son côté, pleura deux jours entiers sans pouvoir se consoler et demanda de nous voir.

Les municipaux ne restèrent plus chez ma mère ; nous fûmes jour et nuit enfermés sous les verrous ; les gardes ne venaient que trois fois par jour pour apporter les repas et faire la visite des barreaux de fer des fenêtres pour voir si ils étaient en ordre.

Nous montions souvent sur la Tour. Mon frère y montait tous les jours, et le seul plaisir de ma mère était de le voir passer de loin par une petite fenêtre ; elle y restait des heures pour guetter l'instant de voir cet enfant si chéri.

Ma mère n'en savait des nouvelles que très peu par des municipaux et par Tison, qui descendait les jours de blanchissage, voyait Simon, et là en savait des nouvelles.

Tison tâcha de réparer sa conduite ; il se conduisit mieux, dit à ma mère quelques nouvelles, mais peu.

Simon maltraitait très fort mon frère de ce qu'il pleurait d'être séparé de nous ; cet enfant, saisi, n'osa plus verser de larmes." 


Ainsi, Louis XVII, après avoir perdu son père, fut donc arraché aux bras de sa mère; mais aussi à l'affection de sa sœur (Marie-Thérèse de France) et de sa tante (Madame Elisabeth). 

L'Enfant fut, par ordre de la Convention, confié aux "bons soins" du cordonnier Simon, une brute épaisse et sans scrupule. C'est à partir de ce moment que le sort du petit garçon va commencer se dégrader. 


Simon prenait plaisir à l'humilier, le frapper, le faire boire jusqu'à l'ivresse pour ensuite lui faire insulter sa sœur, sa tante et sa mère,  sous les fenêtre de celles-ci: 

« Est-ce que ces sacrées putains-là ne sont pas encore guillotinées ?» 

Marie-Antoinette l'écrivait à la gouvernante du Dauphin : l'enfant répète aisément ce qu'il entend dire, et c'est là son plus gros défaut. Les pervers sont passés par la brèche. Dans la nuit qui précéda son martyre, Marie-Antoinette écrivit à sa belle-sœur, Madame Élisabeth :

« J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais que cet enfant doit vous avoir fait de la peine ; pardonnez-lui, ma chère sœur, pensez à l'âge qu'il a et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas. »

Le petit Louis XVII décrit comme délicat et noble d'attitude est totalement  fragilisé par de longs mois d'emprisonnement, de mauvais traitements et d'ivresse forcée. Il ne s'appartient plus. Dès que l'alcool cesse ses effets, il se reprend. Quand (le 3 octobre 1793) Simon accole au nom de sa mère la plus injurieuse épithète et veut que l'enfant la répète, celui-ci se laisse battre plutôt que d'y consentir.

Louis XVII 
« mourant, victime de la misère la plus abjecte, 
de l’abandon le plus complet, 
un être abruti par les traitements les plus cruels ».
Dr Pierre Joseph Desault, dépêché au Temple par les autorités
 pour examiner l'enfant dans ses derniers jours

Simon quittant le Temple en janvier 1794, le petit Louis-Charles sera mis au rebut. Il finira par être enfermé "au secret" dans une chambre obscure de quatre mètres cinquante sur cinq, sans hygiène ni secours, pendant six mois, jusqu'en juillet 1794. 

On se contente de vérifier sa présence par le judas vitré et, une fois par jour, à la nuit tombée, on lui ordonne brutalement de venir s'y présenter. Par la trappe qui s'entrouvre, on lui tend son écuelle de bouilli et de légumes secs. 

Portrait du "patriote" Simon

Les jours et les nuits sont interminables. L'odeur de la pièce devient infecte. La fatigue, la fièvre, les douleurs lancinantes provoquées par des tumeurs et ravivées par le moindre mouvement, l'affaiblissement de tout son organisme le rendent incapable de la moindre activité. Le petit infirme agonise lentement ; il n'est plus que faiblesse et souffrance.

Et jamais une plainte ! Une fois pourtant, il se confie à Gagnié, le cuisinier, inquiet de le voir refuser toute nourriture depuis trois jours :

« En entrant, écrit-il, je vis le jeune Prince courbé et accroupi ayant les bas retroussés, une tumeur au genou et ayant le cou rongé de gale, dans l'impossibilité de se redresser. L'ayant interrogé sur ce qu'il n'avait pas pris de nourriture depuis trois jours, il me dit : “ Que veux-tu, mon ami, je veux mourir. ” »

C'est ainsi brisé psychologiquement et physiquement que Louis XVII mourra dans la prison du Temple, probablement d'une péritonite ulcéro-caséeuse venue compliquer la tuberculose le 8 juin 1795, à l'âge de dix ans et après presque trois ans d'une effroyable captivité.

Cénotaphe de Louis XVII 
avec son cœur dans l'urne de cristal
La déposition du cœur de Louis XVII a été organisée par le Mémorial de France à Saint-Denis 
lors d'une messe d’enterrement le 8 juin 2004


Pourquoi fallait-il assassiner le roi, son fils et profaner la Sainte Ampoule ?

Le Baptême de Clovis, la Sainte Ampoule 
et leur lien avec nos Rois de France


Saint Grégoire de Tours: "Clovis demande, le premier, le baptême au pontife. Le Nouveau Constantin, s'avance vers le bain qui doit enlever la lèpre invétérée qui le couvrait ; il vient laver dans une eau nouvelle les taches hideuses de sa vie passée. Comme il s'avance vers le baptême, le Saint de Dieu lui dit, de sa bouche éloquente "Courbe humblement la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré". 

Nous sommes en 496. Clovis est baptisé. Le jeune chef valeureux - mais païen - s'en remet à la grâce de Dieu. 

Dieu va alors lui adresser un signe à nul autre pareil : le Chrême (huile mêlée de baume) venant à manquer, c'est une colombe plus blanche que neige qui apporte, dans son bec, la céleste ampoule.

Hincmar, dans sa vie de saint Rémi écrira: "Le chrême vint à manquer et, à cause de la foule du peuple, on ne pouvait aller en chercher. Alors, le saint prélat, levant les yeux et les mains au ciel, commença à prier en silence, et voici qu'une colombe, plus blanche que la neige, apporta dans son bec une petite ampoule pleine de saint chrême. Tous ceux qui étalent présents furent remplis de cette suavité inexprimable, le saint pontife prit la petite ampoule, la colombe disparut et Rémi répandit de ce chrême dans les fonts baptismaux..." 

Pendant des siècles, les voix les plus autorisées, les ennemis les plus acharnés, mentionneront la sainte Ampoule et son origine céleste. (...) théologiens, historiens et polémistes parleront de la sainte Ampoule, petite fiole de 42mn de haut, comme d'un fait admirable, mais bien réel.

Au 17ème siècle, Dom Marlot, un historien, mène une enquête et témoigne "Il semble que la divine fiole soit de verre ou de cristal. Si vous y appliquez l'odorat, elle sent tout à fait le baume le plus exquis". 

Ce Chrême venu du Ciel servira depuis le Baptême de Clovis (au Vème siècle) à sacrer tous les rois de notre pays jusqu'au 11 juin 1775, dernier sacre avant la révolution.

La profanation de la Sainte Ampoule et le sauvetage du Chrême céleste

Briser une fois pour toutes le lien privilégié entre Dieu et la royauté était le vœu fanatique et satanique de  la Convention. C'était aussi profaner le baptême qu'avait reçu nos Pères en même temps que Clovis...

La sainte Ampoule fut publiquement profanée (brisée) le 7 octobre 1793 (16 vendémiaire de l'an II) à Reims (sur l'actuelle place Royale), par le sinistre conventionnel Philippe Rühl sur le socle de la statue de Louis XV préalablement déboulonnée, cassée et destinée à être livrée à une fonderie de canons.

Lors de la destruction du reliquaire, un dénommé Louis Champagne Prévoteau a recueilli deux fragments de verre de l'ampoule sur lesquels subsistaient des restes du baume. 

Le 22 mai 1825, l'archevêque concordataire de Reims procéda au transvasement de tous ces fragments, 

Un nouveau reliquaire fut commandé par Louis XVIII à Jean-Charles Cahier pour abriter dans une nouvelle ampoule les fragments du baume ayant échappé au vandalisme révolutionnaire. Il fut achevé en 1823 et utilisé pour le sacre de Charles X en 1825 ; la nouvelle ampoule, en cristal de roche, est fermée par une couronne royale, agrémentée de pierres précieuses en cabochon. Le reliquaire est conservé au Palais du Tau. Sur le socle sont représentés les rois de France; deux bas reliefs représentent le baptême de Clovis et le sacre de Louis XV. Aux angles, les angelots portent des insignes royaux et les instruments de la Passion.

En 1906, lors de son expulsion de l'archevêché à la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État, Mgr Louis-Joseph Luçon, archevêque de Reims, craignant une nouvelle profanation, transféra le chrême dans une ampoule de verre qu'il emporta avec lui. Le controversé baume du sacre est toujours conservé à l'archevêché de Reims.


Nouveau reliquaire pour abriter dans une nouvelle ampoule les fragments du baume ayant échappé au vandalisme révolutionnaire. Il fut achevé en 1823 

La fiole scellée qui conserve le Saint Chrême miraculeux du Sacre des Rois de France

Une étude intéressante sur la Sainte Ampoule

***
Pourquoi, orthodoxes 
célébrons-nous un Office des défunts en mémoire de Louis XVI, 
de sa famille et des victimes de la révolution?

Le Tsar Alexandre Ier
En célébrant cette pannychide, nous souhaitons continuer à faire vivre devant Dieu la prière publique qui fut offerte par le Tsar Alexandre 1er pour effacer le sacrilège et la souillure de l'odieux assassinat de Louis XVI et du massacre du peuple français, victimes de la révolution.

Après la défaite de Napoléon et l'arrivée des armées de la coalition à Paris, le Tsar , le 10 avril 1814 fit célébrer en grande pompe, sur la Place de la Concorde à Paris, le premier office public de requiem (une Pannychide) en mémoire du roi défunt.  

Durant cet Office furent commémorés le Roi Louis XVI, Marie Antoinette, le petit Louis XVII et toutes les victimes civiles de la révolution française. Il fut concélébré par sept prêtres assisté par des chantres de la chapelle impériale. Ce fut le premier Office public en mémoire du roi défunt.

Le Tsar Alexandre parle de l'Office public qu'il fit célébrer en mémoire de Louis XVI

Le Tsar, écrivant à son ami le Prince Golitsyne fit part de sa profonde émotion durant cette cérémonie: 

"Ce fut pour mon cœur un moment solennel, émouvant et terrible.  

Voici, me disais-je que j'ai amené par volonté insondable de la Providence, mes guerriers orthodoxes du fond de leur froide patrie nordique pour élever vers le Seigneur nos prières communes dans la capitale de ces étrangers [le soldats de Napoléon] qui, récemment encore, s'attaquaient à la Russie, à l'endroit même où la victime royale succomba à la fureur populaire... 

Les Fils du Nord célébraient, aurait-on dit, les obsèques du Roi de France. 

Le tsar de Russie priait selon le rite orthodoxe, avec son peuple, et de la sorte purifiait la place ensanglantée...Notre triomphe spirituel a pleinement atteint son but.  

Je fus même amusé de voir des maréchaux et des généraux français se presser et se bousculer pour pouvoir vénérer la croix russe". 

Source: Marie-Pierre Rey, 1814: un Tsar à Paris, Flammarion, au fil de l'Histoire, mars 2014


A Louis-Auguste de France, 
à Marie-Antoinette de Lorraine d'Autriche, rein de France, 
à Louis-Charles de France, 
à Louis-Joseph de France, 
à Marie-Thérèse de France
 et à Sophie de France; 
à Elisabeth de France 
et aux 200.000 hommes, femmes, enfants, 
qui furent exécutés ou massacrés d'abominable manière 
pendant la révolution française

MÉMOIRE ÉTERNELLE !!!


" LA PITIÉ N'EST PAS RÉVOLUTIONNAIRE ! "
Général républicain de sinistre mémoire: François-Joseph Westermann


François-Joseph Westermann

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. 
Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. 
Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay. 
Suivant les ordres que vous m’aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. (…) 
Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. 
Les routes sont semées de cadavres. 
Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramides. 
On fusille sans cesse à Savenay, car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. 
Nous ne faisons pas de prisonniers, 
il faudrait leur donner le pain de la liberté et la pitié n’est pas révolutionnaire. »

lettre du général républicain François-Joseph Westermann, 
appelé « le boucher des Vendéens » adressée au "Comité de Salut Public" 


« Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres » 
(Louis Antoine de Saint-Just, surnommé "l'Archange de la Terreur")

***
Exemple d'une tuerie parmi tant d'autres, 
qui illustre la haine bestiale qui animaient révolutionnaires: 



LE MASSACRE DES LUCS

564 victimes dont 110 enfants de moins de 7 ans, impitoyablement massacrés ... 
(voir la liste des victimes à la fin de cet article)

Le 28 février 1794, la colonne du général Cordelier approche des Lucs-sur-Boulogne, gros bourg composé de deux agglomérations, le Grand et le Petit Lucs. 

Le village, dont tous les hommes valides en âge de porter les armes ont rejoint François-Athanase Charette pour tenter d’arrêter les « brûleux », ne saurait constituer un objectif militaire, mais c’est une proie facile, précisément ce que recherche Cordelier, plus désireux de piller et de massacrer que de se battre.

Sans défense, les habitants des Lucs, face au péril, cherchent refuge au pied de l'effigie de la Mère de Dieu dans l’église Notre-Dame du Petit Luc, trop petite pour contenir les 500 malheureux qui s’y pressent. Déjà, dans le vallon de la Malnay, en contrebas, l’on entend les tambours des Bleus qui approchent.

Alors, le vieux curé, l’abbé Voyneau, héroïque, décide d’aller au devant des militaires et de s’offrir en victime, lui, prêtre réfractaire dont la tête est mise à prix, contre la vie de ses ouailles… 

Son sacrifice ne sauvera pas son troupeau. 

L’abbé Voyneau est longuement torturé. On lui tranche les doigts, on lui arrache la langue qui priait pour ses ouailles. Enfin, on l’ouvre en deux à coups de sabre et on lui arrache le cœur. 

Longtemps, l’on montrera, sur des pierres, les traces du sang de ce pauvre prêtre.

"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis." 
Jean 15:13
L'héroïque abbé Voyneau supplicié.
 Il s'était livré volontairement pour sauver ses paroissiens
(Vitrail de la chappelle des Lucs sur Boulogne)

Puis, Cordelier et ses hommes monteront jusqu’à Notre-Dame, et y « décalotteront toute une nichée de calotins qui brandissaient les insignes du fanatisme » ; comprenez des familles entières à genoux accrochées à leurs chapelets, massacrées à coups de baïonnettes. Pour terminer la besogne, ils incendieront l’église et tireront dessus au canon, pour être bien sûr que personne n’échappe au brasier. 

Méticuleux, les tueurs explorent ensuite toutes les maisons, toutes les fermes, battent les haies et massacrent humains et animaux.



Noms des 110 enfants de moins de 7 ans, des Lucs-sur-Boulogne 
massacrés le 28 février 1794 par les armées de la république

Marie-Modeste AIRIAU, de la Ricoulière, 5 ans et 7mois,
Thomas AIRIAU, de Villeneuve, 10 mois,
Joseph ARCHAMBAUD, de Puyberne, 20 mois,
Agathe ARNAUD de Belleville (tuée au Lucs ) 4 ans et demi,
Etienne BERIAU, de l’Erzandière.15 jours,
Marie-Madeleine BERIAU, de Roblin, 2 ans et 11 mois,
Jeanne BERIAU, du Petit-Luc, 4 ans,
Marie BERNARD, de la Jarrie, 3 ans,
Céleste BOISSELEAU, de la Grézaudière, 6 ans,
Pierre BOISSELEAU, de la Gaconnière, 6ans et demi,
François BOSSIS, du bourg du Grand-Luc, 7 mois,
Joseph BOSSIS, son frère, 23 mois,
Louis BOSSIS, autre frère, 5 ans,
Pierre BOUET, de la Surie, 27 mois,
Louis BOURON, de Bourgneuf, 3 mois,
Madeleine BOURON, sa cousine, de Bourgneuf, 3 ans,
Marie CHARUAU, de la Guyonnière, 2 ans,
Marie-Madeleine CHARUAU, sa sœur, 4ans et 3 mois,
Jean CHARRIER, de la Devinière, 3 ans,
Marie DAVIAUD, de l’Erzandière, 1 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 5 ans et 8 mois,
Jeanne DAVIAUD, au Petit-Luc, 2 ans et 11 mois,
Pierre DAVIAUD, son frère, 4 ans et 10 mois,
Louis EPIARD, du Chef-du-Pont, 5 ans et 10 mois,
Jean-François ERCEAU, de la Sorinière, 27 mois,
Pierre FETIVEAU, de la Gaconnière, 27 mois,
N…FETIVEAU, son frère, 3 mois,
Jeanne FEVRE, du Chef-du-Pont, 5 ans et demi,
Suzanne FORGEAU, de la Sorinière, 20 mois,
Rose-Aimée FORT, du Champ-Dolent, 31 mois,
Pierre-René FORT, son frère, 5 ans et 9 mois,
Marie-Anne FOURNIER, bourg du Grand-Luc, 30 mois,
Jacques FOURNIER, son frère, 5 ans et 5 mois,
Marie GARREAU, de la Cornetière, 7 ans,
Marie-Anne GAUTRET, de la Guénière,7 ans,
Pierre GEAI, des Temples ; 25 mois,
Jean GIRARD, du Chef-du-Pont, 1 an,
Marie-Jeanne GIRARD, sa sœur, 4 ans et 2 mois,
Pierre GIRARD, leur frère, 6 ans et 4 mois,
Pierre GOUIN, des Temples, 1 an,
Louis GRALEPOIS, de la Grézaudière, 13 mois,
Jeanne GRALEPOIS, de la Bretonnière, 5 ans,
Pierre GRATON, du Puy, 3 ans et 4 mois,
Jeanne GRIS, de la Cernetière, 5 mois,
Pierre GRIS, son frère, 5 ans,
Lubin GUILLET, du Bourg du Grand-Luc, 6 ans,
Marie GUITET, de l’Erzandière, 4 ans et demi,
Marie HERMOUET, du bourg du Grand-Luc, 5 mois,
Louis HIOU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Marie-Anne JOLI, de la Bromière, 27 mois,
Marie MALARD, du Marchais, 4 ans,
Jean MALIDIN, de la Primaudière, 18 mois,
Marie MALIDIN, sa sœur, 3 ans et 11 mois,
Jeanne MALIDIN, de la Bruère, 3 ans,
Rose MALIDIN, sa sœur, 6 ans et 2 mois,
Joseph MANDIN, du bourg du Grand-Luc, 23 mois,
Louis MANDIN, son frère, 5 ans et 9 mois,
Véronique MARTIN, de la Moricière, 1 an,
Marie-Françoise MARTIN, du Petit-Luc, 2 ans,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 4 mois,
Rosalie MARTIN, de la Guénière, 2 ans et 10 mois,
Louise MARTIN, sa sœur, 5 ans et 3 mois,
Rosalie MARTINEAU, de Bourgneuf, 2 ans et 11 mois,
Jean MIGNEN, de la Sorinière, 1 an,
Louise MINAUD, du Brégeon, 15 jours,
Louise-Marie MINAUD, sa sœur, 15 mois,
Jean MINAUD, leur frère, 5 ans et 3 mois,
Pierre MINAUD, autre frère, 6 ans et 11 mois,
Jeanne MINAUD, de la Davière, 15 mois,
André MINAUD, son frère, 4 ans et 2 mois,
Véronique MINAUD, leur sœur, 6 ans et 8 mois,
Pierre MINAUD, leur cousin de la Davière, 4 ans,
Louise MINAUD, de l’Ethelière, 33 mois,
Marie-Anne MINAUD, sa sœur, 6 ans et 11 mois,
Anne MORILLEAU, de la Primaudière, 2 ans
Céleste MORILLEAU, sa sœur, 6 ans et 5 mois,
Jean PERROCHEAU, du Retail, 5 ans et 3 mois,
Pierre POGU, de la Pellerinière, 22 mois,
Jean POGU, son frère, 5 ans,
Rose PREVIT, de Villeneuve, 10 mois,
Marie PREVIT, sa sœur, 6 ans,
Rose REMAUD, de Bourgneuf, 4 ans et 11 mois,
Marie REMAUD, de la Grande-Métairie, 4 ans et demi,
Pierre RENAUD, de la Nouette, 18 mois,
Catherine RENAUD, sa sœur, 3 ans et demi,
Jeanne RENAUD, leur cousine, de la Nouette, 4 ans,
Marie-Anne RENAUD, de la Petite-Brosse, 4 ans,
Pierre RENAUD, son frère, 6 ans et demi,
Marie RICOULEAU, de la Bromière, 22 mois,
Jeanne ROBIN, de la Retardière, 5 ans,
Marie-Anne RORTAIS, de la Guyonnière, 4 ans,
Jeanne ROUSSEAU, de la Gaconnière, 23 mois,
Jean ROUSSEAU, son frère, 3 ans et 11 mois,
Louis ROUSSEAU, autre frère, 7 ans,
Victoire ROUSSEAU, cousine, de la Gaconnière, 11 mois,
Jeanne ROUSSEAU, sœur de Victoire, 4 ans,
Jeanne SAVARIAU, de la Sorinière, 5 ans et 10 mois,
Pierre SIMONEAU, de la Moricière, 6 mois,
Jean SIMONEAU, son frère, 4 ans et 10 mois,
Jacques SIMONEAU, de la Bugelière, 18 mois,
Joseph, SIMONEAU, cousine, de la Bugelière, 8 mois,
Henri SORET, du Petit-Luc, 2 ans,
Jacques SORIN, de la Bromière, 5 mois,
Jean SORIN, son frère, 3 ans et 3 mois,
Madeleine TENET, du Chef-du-Pont, 7 ans,
Louis VRIGNAUD, de la Ricoulière, 23 mois,
Marie-Jeanne VRIGNAUD, de la Cornetière, 3 ans,
Jean-Baptiste VRIGNAUD, son frère, 4 ans et 5 mois.

Massacre des Lucs





***

Massacre du Moulin de la Reine 
Massacre du Moulin de la Reine perpétré par de la horde du "général" Boucret le 5 avril 1794.

***
Les massacres de Septembre
sur des civils et des ecclésiastiques enfermés dans les geôles révolutionnaires
 à Paris et dans d'autres villes de France 
Massacres de Septembre

Massacre des prêtres ayant refuser le "serment de la Constitution civile du clergé"
Ils eurent le crâne fracassé aux cris de "Liberté, Egalité, Fraternité"...







Restes de crânes fracassés de prêtres par les républicains durant les massacres de Septembre (séminaire des carmes)



***
Massacres de Lyon par Fouché 


La population lyonnaise fut exécutée à coup de fusils, de canons, 
le travail étant finit par les hordes de Fouché, à la baïonnette...







Chapelle expiatoire et Crypte des Brotteaux à Lyon où on été déposé les restes des victimes lyonnaises




***

NOYADES A NANTES 
DE L'INFÂME RÉVOLUTIONNAIRE
JEAN-BAPTISTE CARRIER


Entre novembre 1793 et février 1794 à Nantes des milliers de personnes, suspectes aux yeux de la République (prisonniers politiques, de guerre, de droit commun, gens d'Église…), ont été noyées dans la Loire sur ordre de Jean-Baptiste Carrier. Hommes, vieillards, femmes et enfants meurent ainsi dans ce que Carrier appelle la « baignoire nationale ».

Les exécutions ont lieu de nuit pour plus de discrétion, mais les corps flottent ensuite en surface aux yeux des Nantais. Ces massacres laissèrent ainsi des traces d'horreur dans la mémoire de tous à l'époque.

Deux groupes de noyeurs-tueurs républicains 
au service de Carrier spécialement formés pour la répressions

La compagnie révolutionnaire Marat
Guillaume Lamberty et ses hommes.




Première série de noyades

Les prêtres réfractaires figurent parmi les premiers prisonniers détenus à Nantes. Ceux pris dans le département sont enfermés d’abord au couvent Saint-Clément, puis aux Carmélites. Le 5 juillet, ils sont envoyés à Chantenay sur un ponton, La Thérèse, où les conditions de détention sont terribles à cause de la chaleur. La plupart des prêtres sont transférés le 19 juillet ou le 6 août au couvent des Petits-Capucins et à l’Hermitage, où les conditions de détention sont plus supportables. Mais le 25 octobre, sur ordre du Comité révolutionnaire de Nantes, tous les prêtres des Petits-Capucins sont renvoyés dans un ponton, sur le navire La Gloire mouillant à la Sécherie.

Dans la nuit du 17 novembre, un groupe de révolutionnaires commandés par l’adjudant-général Guillaume Lamberty et Fouquet viennent établir un corps de garde à la Sécherie, dans l’auberge de la femme Pichot ; celle-ci, selon son témoignage, « les vit amener une sapine ou chaland dans lequel des charpentiers faisaient des ouvertures, sans connaître leur usage, suivant le rapport qui fut fait par eux ; que cela lui fit croire que c’était pour noyer les prêtres, qui le furent effectivement. »

Le canonnier Wailly, de faction sur le ponton La Samaritaine, dans la nuit du 16 au 17 novembre, laisse l’unique témoignage sur cette première noyade :

« Environ minuit et demi, huit particuliers de moi inconnus se sont approchés du bord dudit pontons montés sur un canot ; je les ai hélés, et, au mot de qui vive ! il m’a été répondu : Commandant, nous allons à bord. En effet, ils se sont approchés et m’ont demandé la liberté de passer avec un gabareau, qu’ils me dirent être chargé de 90 brigands, que j’ai su depuis être 90 prêtres. Je leur ai répondu que la consigne qui m’était donnée était de ne laisser passer aucun bâtiment, que l’on ne m’apparaisse d’ordre supérieur. Sur ma réponse, l’un de ces individus, nommé Fouquet, me menaça de me couper en morceaux, parce que, ajouta-t-il, lui et sa troupe étaient autorisés à passer partout sans qu’on pût les arrêter. Je leur demandai à voir leurs pouvoirs, ils obéirent et me présentèrent un ordre conçu à peu près en ces termes, et signé Carrier, représentant du peuple : « Permis aux citoyens Fouquet et Lamberty de passer partout ou besoin sera avec un gabareau chargé de brigands, sans que personne puisse les interrompre ni troubler dans ce transport. » Muni de l’ordre du représentant Carrier que Fouquet et Lamberty venaient de me présenter, je ne crus pas devoir insister davantage ; en conséquence, les particuliers montant le canot et le gabareau contenant les individus passèrent sous la batterie du ponton où j’étais en faction, et un quart d’heure après j’entendis les plus grands cris partir du côté des bateaux qui venaient de se séparer de moi, et à la faveur du silence de la nuit, j’entendis parfaitement que les cris de ceux que j’avais entendus auparavant étaient ceux des individus renfermés dans le gabareau, que l’on faisait périr de la façon la plus féroce. Je réveillai mes camarades du poste, lesquels, étant sur le pont, ont entendu les mêmes cris, jusqu’à l’instant où tout fut englouti. »

Environ 90 prêtres périssent victimes de la première noyade. On compte cependant trois survivants qui sont recueillis par des matelots de L’Imposant qui leur donnent de l’eau-de-vie pour les réchauffer. Informé, le Comité révolutionnaire ordonne au capitaine Lafloury, commandant du navire, de faire transférer les trois prêtres dans une galiote hollandaise le 19 novembre, selon Fourier, directeur de l’hospice révolutionnaire « Ces prêtres furent repris et noyés le lendemain, le fait m’a été certifié par Foucault, qui était présent à la noyade4 ». Julien Landeau, curé de Saint-Lyphard parvient à s'échapper et regagne sa paroisse où il vit en clandestinité jusqu'en 1795. Il est l'unique survivant de la première des noyades de Nantes5. Le 17 novembre, Carrier* rend compte à la Convention nationale de l’opération en termes voilés :

« Un événement d’un genre nouveau semble avoir voulu diminuer le nombre des prêtres ; 90 de ceux que nous désignons sous le nom de réfractaires, étaient renfermés dans un bateau sur la Loire. J’apprends à l’instant, et la nouvelle en est très-sûre, qu’ils ont tous péri dans la rivière. »

*Comme les grand criminels sont souvent des grands courageux, l'infâme Carrier n'assistait jamais aux noyades qu'il ordonnait pourtant...

Deuxième série de noyades

La deuxième noyade de prêtres est encore le fait de Guillaume Lamberty. Plusieurs hommes de la compagnie Marat conduits par Foucauld détroussent méthodiquement les 58 prêtres arrivés d'Angers. Les prêtres sont transférés sur une gabare spécialement aménagée et emmenés loin du port, à l'entrée de l'estuaire où il est procédé à leur submersion. Cette fois il n'y a aucun survivant.

Troisième série de noyades

La troisième noyade, dite du Bouffay, est la noyade la plus connue, grâce à l'abondance des témoignages la concernant à cause de la participation du comité révolutionnaire de Nantes. Ces témoignages sont recueillis après l'arrestation des membres du comité le 12 juin 17946.

Le 14 décembre 1793, à huit heures du soir, un agent entre à la prison du Bouffay avec deux paquets de cordes et un ordre signé du comité de rassembler les 155 détenus. La liste de ces 155 détenus avait été rédigée dans la nuit du 4 décembre lors d'une réunion des corps administratifs. 

Les prisonniers figurants sur cette liste appartiennent à toutes les conditions sociales ; il s'y trouve quelques nobles et un grand nombre de détenus de droit commun.

Cette troisième noyade a coûté la vie à cent vingt-neuf détenus, dans la nuit du 14-15 décembre 1793 (24-25 frimaire an II). Menés par Jean-Jacques Goullin et Michel Moreau-Grandmaison, les « Marat » gagnent la prison du Bouffay. La plupart de ces hommes sont ivres et plus tout à fait en état de consulter leurs listes, ils raflent alors au hasard les prisonniers dans leurs cellules. Ils les attachent ensuite deux par deux à une pierre après les avoir dépouillés de leurs objets personnels et de leur argent. Embarqués sur une sapine, les suppliciés sont dirigés vers l'aval de la Loire et l'embarcation coulée un peu plus loin que Trentemoult, au bout de l'île Cheviré.

Poursuite des noyades

« Carrier représentant du peuple près l'armée de l'ouest donne avis au Comité que tout le continent et le marais sur la rive gauche de la Loire sont au pouvoir de la République. Westermann a poursuivi le noyau des brigands qui s'était porté à Châteaubriant ; que cette bande a évacué ce poste et a marché à Savenay. Il ajoute un mot du miracle de la Loire qui vient encore d'engloutir 360 contre-révolutionnaires de Nantes ; que depuis qu'ils ont disparu les armées brigandines ont été battues et ont manqué de tout. »

Vers le 3 nivôse an II, soit le 23 décembre 1793, une importante exécution est effectuée avec deux bateaux à Chantenay. Celle-ci est rapportée lors du procès de Carrier par plusieurs témoins, dont Fréteau et le canonnier Wailly. 800 personnes périssent lors de cette noyade, dont des femmes et des enfants. Parmi les condamnés figurent également de nombreux Allemands, déserteurs de la Légion germanique, qui avaient rallié les Vendéens. Dans le jargon cynique des soldats républicains, on désignait par « mariage républicain » le mode d'exécution qui consistait à attacher nus un homme et une femme avant de les noyer.

« Deux gabares, chargés d'individus, s'arrêtèrent à un endroit nommé la Prairie-au-Duc ; là, moi et mes camarades, nous avons vu le carnage le plus horrible que l'on puisse voir : plus de 800 individus de tout âge et de tout sexe furent inhumainement noyés et coupés par morceaux. J'entendis Fouquet et ses satellites reprocher à quelques-uns d'entre eux qu'ils ne savaient pas donner de coups de sabre, et leur montrait par son exemple comment il fallait s'y prendre. Les gabares ne coulaient pas assez vite au fond, on tirait des coups de fusils sur ceux qui étaient dessus. Les cris horribles de ces malheureuses victimes ne faisaient qu'animer davantage leurs bourreaux. J'observai que tous les individus qu'on a noyés dans cette nuit furent préalablement dépouillés nus comme la main. En vain les femmes réclamaient-elles qu'on leur laissât leurs chemises, tout leur fut refusé et elles périrent. Leurs hardes, leurs bijoux, leurs assignats furent la proie de ces anthropophages, et, ce qu'on aura peine à croire, c'est que ceux qui les avaient ainsi dépouillés vendaient le lendemain matin ces dépouilles au plus offrant. »

— Témoignage du canonnier Wailly

« Environ huit jours après [la noyade des prêtres d'Angers] ils furent sommés comme ci-dessus, par Fouquet et Robin, de tenir prêts deux grands bateaux, et, le même jour, sur les dix heures du soir, lesdits Fouquet, Robin et autres chargèrent environ huit cents individus de tout âge et de tout sexe sur ces deux bateaux, qui furent conduits vis-à-vis de Chantenay, lesquels furent noyés comme à la précédente noyade, et le déclarant et une douzaine de mariniers qui lui aidaient ne reçurent pas de paye. »

— Témoignage du batelier Pierre Robert

Le 26 décembre 1793, à Nantes, le commissaire civil Benaben écrit aux administrateurs du Maine-et-Loire :

« Ici on emploie une toute [sic] autre manière de nous débarrasser de cette mauvaise engeance. On met tous ces coquins-là dans des bateaux qu'on fait couler ensuite à fond. On appelle cela « envoyer au château d'eau ». En vérité, si les brigands se sont plaints quelquefois de mourir de faim, ils ne pourront pas se plaindre au moins qu'on les fasse mourir de soif. On en a fait boire aujourd'hui environ douze cents. Je ne sais qui a imaginé cette espèce de supplice, mais il est beaucoup plus prompt que la guillotine qui ne paraît désormais destinée qu'à faire tomber la tête des nobles, des prêtres et de tous ceux qui, par le rang qu'ils occupaient autrefois, avaient une grande influence sur la multitude »

Noyades des galiotes

Du 29 décembre 1793 (9 nivôse an II) au 18 janvier 1794 (29 nivôse an II), ce furent les « noyades des galiotes », des navires hollandais restés à Nantes par suite du blocus et qu'on déplaça pour la circonstance vers la prison de l'Entrepôt des cafés. Impossible de dire s'il y eut deux ou trois expéditions. À chaque fois, deux cents à trois cents victimes, hommes, femmes et enfants mêlés. Il semble que l'ultime noyade organisée sous la direction de Carrier, destinée à vider la prison de l'Entrepôt des cafés, ait été perpétrée dans la nuit du 29 au 30 janvier 1794 (10-11 pluviôse an II) et ait concerné quatre cents détenus environ.

La noyade de la baie de Bourgneuf

Une ultime noyade a lieu le 23 février 1794 dans la baie de Bourgneuf. Dans une lettre datée du 1er octobre 1794 et lue à la Convention, le commissaire des guerres Bouquet dénonce cette noyade ordonnée par l'adjudant-général Lefebvre qui aurait provoqué la mort de 41 personnes : deux hommes, dont un vieillard aveugle de 78 ans, douze femmes, douze filles et quinze enfants, dont dix de 6 à 10 ans et cinq enfants à la mamelle.


Massacres dans les carrières à Nantes


Un des multiples charniers de victimes de la révolution récemment découverts à Nantes. On observera les crânes fracassés...Un mode d'exécution classique du nouveau régime à cette époque




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L'ENFER DES PONTONS DE ROCHEFORT
(prisons flottantes)
l'extermination des prêtres et des moines de l'Ancien Régime 
en haine de la Foi chrétienne
D'après un article d'Anne Bernet - publié le 25/08/21 sur le Site Aleteia


Ce 26 août, le diocèse de La Rochelle commémore le calvaire de 829 prêtres réfractaires condamnés en 1792 à la déportation en Guyane.

Le blocus anglais des côtes françaises empêcha la déportation, mais n’empêcha pas le martyre atroce des malheureux, dont les deux tiers périrent sur l’île Madame (Charente-Maritime).

Depuis le 27 mai de cette année 1792, la loi condamne à l’exil tout ecclésiastique qui refuse de prêter le serment constitutionnel le transformant en fonctionnaire (...).

Chassés de leurs presbytères, interdits de séjour sur le territoire de leur ancienne paroisse, privés d’émoluments, ces hommes, obligés de regagner leurs départements d’origine où ils vivent en résidence surveillée, doivent désormais quitter le territoire national sous un mois.

Seuls sont exemptés de ces mesures les prêtres âgés de soixante ans et plus, c’est-à-dire les vieillards, les malades et les infirmes.

« Purger la nation »

Beaucoup, déjà, ont pris le chemin de l’exil ; d’autres, nombreux aussi, jeunes en général, choisissent, tout en sachant risquer leur tête, de passer dans la clandestinité afin d’assurer la messe et les sacrements aux fidèles.

Les autres sont estimés à 50.000. La plupart choisissent de partir, mais n’atteignent pas toujours la frontière, ordre ayant été donné en sous-main aux municipalités de les intercepter et les mettre à mort, « accidents » fréquents portés au compte du zèle de quelques "bons patriotes".

Cela ne suffit pas encore à « purger la nation » de ces « restes du fanatisme ». Les récalcitrants iront donc en Guyane, bagne infernal où l’espérance de vie n’excède pas six mois. Partout, l’on dresse des listes d’insermentés et, à compter de mars 1793, les arrestations d’ecclésiastiques se multiplient.

Par convois entiers, venus des quatre coins de France, on les achemine, souvent à pied, sans nourriture ni soins, sous les coups et les insultes, vers les ports de l’Atlantique. Certains sont lynchés en route par des foules haineuses…

Cette traque continuera dix-huit mois. Certains départements s’y distinguent, tels la Haute-Vienne, l’Allier, la Meuse, la Meurthe, la Saône-et-Loire, la Seine Inférieure.

Les convois se dirigent vers Nantes et Bordeaux, et surtout vers Rochefort. Quand ils y arrivent, les prisonniers, conduits dans les couvents de la ville dont les religieuses ont été chassées, sont fouillés au corps, laissés nus en public, dépouillés de leurs affaires personnelles. Parfois, l’on trouve sur eux des objets de valeur, aussitôt confisqués, ou des objets de piété, détruits sous leurs yeux aux cris de Vive la République.

moins de valeur marchande que les esclaves

L’embarquement vers le bagne doit suivre mais, très vite, il s’avère impossible, car la flotte anglaise bloque l’accès à l’océan, tandis que les prêtres continuent d’affluer de partout.

On décide de les entasser sur un vieux trois ponts, le Bonhomme Richard, navire négrier hors d’état de naviguer, qui servait d’hôpital pour les soldats galeux de la garnison. En février 1794, on réquisitionne une autre vieille baille réformée de la traite négrière, "Les Deux Associés", qui peut recevoir dans ses cales 40 humains. Son commandant, le capitaine Laly, parvient à y entasser plus de 400 prêtres, qui possèdent, il est vrai, moins de valeur marchande que les malheureux Africains promis à l’esclavage…

Plus tard, Laly confiera : « On m’avait dit de les faire mourir sans bruit dans le silence de l’océan. Moi, je le faisais : je les haïssais. Nous avons tous notre mission ici-bas. J’ai tué, et je tuerais encore si j’avais à le faire. »

Pour cela, il n’a pas besoin de grands moyens. L’insalubrité de son bâtiment, l’intolérable promiscuité, qui favorisent les épidémies de fièvre et de typhus, la privation de soins et de nourriture, qui multiplie les cas de scorbut, une avitaminose mortelle, y suffisent amplement, d’autant que beaucoup de ces hommes sont âgés et en mauvaise santé.

Un survivant, l’abbé Dumonet, racontera, en vers latins : « Chacun de nous avait tout au plus deux pieds cubes d’air et cependant, il en faut sept à huit pour qu’un homme puisse vivre. […] Lorsque la mort avait enlevé vingt prêtres, on avait la barbarie d’en faire venir d’ailleurs vingt-quatre ou vingt-cinq. » Il faut finalement se résoudre à ouvrir un autre ponton, le Washington.

On tue lentement...par principe

Il est strictement interdit à quiconque, membre de l’équipage ou habitant des environs, de communiquer avec les prisonniers, leur fournir de quoi manger, se soigner.

Privés de leur bréviaire, dans l’impossibilité de dire la messe, les détenus passent leurs journées debout sur le pont, immobiles, en silence. Toute velléité, quasi invraisemblable, de mutinerie, est passible de mort.

Le 3 mai 1794, fête de l’Invention de la Sainte Croix, un chanoine de la collégiale Saint-Martial de Limoges, Antoine Roulhac, 33 ans, est dénoncé par un matelot qui l’a surpris en train de dire à un confrère : « Ces gens ont bien tort de nous craindre. Nous sommes ici quatre cents ; si nous voulions leur faire du mal, il n’en faudrait pas tant et cent comme vous et moi y suffiraient. »

Sorties de leur contexte, présentées comme un plan de révolte, ces paroles suffisent à faire exécuter le chanoine Roulhac.

Encore raffine-t-on le supplice en lui refusant le droit de se confesser et en lui tirant dessus au pistolet, coup après coup, interminablement.

On tue lentement, par principe, en mettant aux fers, des semaines entières, des hommes épuisés qui ne résistent pas au traitement.

On tue lentement, par principe, en mettant aux fers, des semaines entières, des hommes épuisés qui ne résistent pas au traitement. Tout est punissable : s’être plaint d’avoir trouvé des vers dans la nourriture, avoir réclamé à boire alors que l’on claque de fièvre, n’avoir pas obéi assez vite à un ordre ou l’avoir mal accompli, quand même on ne tiendrait plus debout, avoir cité la parole divine, bannie de cet enfer carcéral, adressé une pétition au district de Rochefort réclamant une amélioration des conditions de détention… Avariée, la nourriture parcimonieuse, répugnante, et l’eau croupie, provoquent des dysenteries, qui tuent, elles aussi, tandis que les malades sont laissés à fond de cale dans leurs déjections qui achèvent de contaminer l’air, et leurs codétenus.

Croix de pierres établie sur les restes des prêtres persécutés sur l'île Madame

Le mouroir de l’île Madame

Les conditions climatiques aggravent encore les souffrances des prisonniers : l’automne et l’hiver 1793-1794 sont humides et froids, le printemps pourri, de sorte que ces hommes, entassés en guenilles sur les ponts balayés par la pluie, le vent, le gel, contractent des maladies pulmonaires. Le retour de l’été n’améliore rien, car, sous un soleil torride, ils se déshydratent, font des insolations.

Un médecin militaire, inquiet des problèmes sanitaires à bord, susceptibles de se communiquer aux troupes de la garnison puis à la population locale, recommande des améliorations à l’hygiène, le transport des malades et des agonisants ailleurs. Une goélette leur est affectée, mais les conditions de vie à bord sont pis encore, si possible. En guise de médecins, la République a nommé des étudiants chirurgiens débutants, qui ne savent rien et dont les « traitements » achèvent leurs patients, ce dont, au demeurant, ils se vantent comme d’une œuvre patriotique.

À chaque décès d’un prêtre, ce sont les mêmes scènes de liesse sur les navires en rade, les mêmes cris de « à bas les calotins ! ».

Bientôt, cet abominable « navire hôpital » ne suffit pas à la tâche et il faut se décider à débarquer les malades sur l’île Madame, îlot désert à l’embouchure de la Charente où l’on dresse des tentes de quarante lits de camp chacune. Très vite, ils sont tous occupés. Le nombre de décès est effarant : en moyenne 112 morts par mois en mai, juin, juillet 1794, 243 en août alors que la chute de Robespierre laisse espérer la fin du cauchemar. À chaque décès d’un prêtre, ce sont les mêmes scènes de liesse sur les navires en rade, les mêmes cris de « à bas les calotins ! ».

Crucifix fabriqué en secret par des prêtres déportés

Prière interdite

Les premiers cadavres ont été jetés à la mer, comme des charognes qu’ils sont aux yeux de l’athéisme militant révolutionnaire, mais les courants de marée les ramènent vers le port et la ville, au grand effroi des habitants. Il faut se décider à les enterrer.

Les prisonniers les moins affaiblis sont astreints à creuser les tombes de leurs infortunés confrères. Faute d’outils, et de forces, ces fosses sont peu profondes et dégagent une puanteur atroce.

Il y en a partout : autour des bastions de Fort Lupin, Fort Vaseux, Port des Barques. D’où de nouvelles plaintes. Les cadavres sont donc transportés sur l’île d’Aix pour y être inhumés, tandis que les morts de l’île Madame y restent.

On parle de 253 morts enterrés à Aix, entre 209 et 275 sur l’île Madame, que les prêtres ont rebaptisée « île Notre-Dame », la consacrant à la Mère de Dieu qui, seule, console leur agonie car, évidemment, nul n’est admis au chevet des mourants, pas même leurs amis ou parents.

Un ecclésiastique de l’Allier se souviendra de sa détresse insondable après qu’on l’ait empêché d’assister son frère prêtre, lui aussi, dans ses dernières heures.

Toute vie spirituelle est interdite. Aucune possibilité de dire la messe, chanter les offices, réciter le bréviaire ou le rosaire. Tout cela est défendu et sévèrement puni.

Le chanoine Dumonet se souvient : « Il est interdit de s’édifier mutuellement par des conférences salutaires et relatives au salut. Si nous parlons en langue vernaculaire, nous exposons les choses saintes à une dérision révoltante, aux pires profanations des impies ; si nous parlons latin, nous sommes accusés de comploter, chercher des moyens de nous révolter et mis aux fers. » (...)

Sur 829 malheureux prêtres 547 ont péri

La chute de Robespierre, le 9 thermidor, 27 juillet 1794, ne met pas un terme immédiat au calvaire des prêtres, même si elle améliore un tout petit peu leurs conditions d’existence, transférés sur un nouveau navire, l’Indien.

On essaie, en décembre 1794, de faire partir des convois vers Cayenne mais le blocus anglais l’interdit encore.

En janvier 1795, Laly, le terrible commandant des Deux Associés, se voit demander des comptes et s’enfuit aux cris de « À mort le tueur de prêtres ! » Il mourra, repentant et converti, en 1838.

Le règlement qu’il avait imposé à bord est supprimé, les affaires personnelles des prêtres, quand elles n’ont pas été détruites, restituées à leurs propriétaires survivants, qui obtiennent le droit d’écrire à leurs familles. Les offices sont autorisés.

Enfin, le 6 février, ordre arrive de les transporter tous à terre. Débarqués à Tonnay, les captifs sont conduits soit à Saint-Porchaire, où on les enferme derechef dans l’église, soit à Saintes où la population s’ingénie à leur rendre la vie la plus douce possible et leur procure les moyens de dire la messe.

Ce n’est cependant que le 16 avril qu’ils retrouveront légalement la liberté. Sur les 829 malheureux qui ont transité par les pontons de Rochefort, 547 ont péri. (...)



Par les prières de la Mère de Dieu, 
du Saint Archistratège Michel 
de tous les Saints martyrs orthodoxe de notre terre
et de tous Tes Saints,
prends en pitié et Sauve Seigneur, 
la France!

Chanson de la Vendée militaire et des guerres de l'Ouest - 
Nous n'avons qu'un temps à vivre